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Chaque image, chaque enfant document d'information : Faits en bref et statistiques

Le 2 juin 2009, le Bureau de l'ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels a publié son premier rapport spécial intitulé Chaque image, chaque enfant. Le rapport formule neuf recommandations au gouvernement fédéral sur la façon d'aborder le problème de l'exploitation sexuelle d'enfants facilitée par Internet.

Chaque image, chaque enfant réunit des études, des publications et des articles qui appuient le besoin d'agir rapidement et de façon définitive pour secourir et aider les jeunes victimes innocentes. Les faits et les statistiques qui suivent sont tirés du rapport.

L'enjeu

  • Plus de 90 p. 100 des Canadiens sont préoccupés par la distribution d'images d'enfants exploités sexuellement, et l'exploitation sexuelle d'enfants figure parmi les trois premières préoccupations des parents concernant les enfants1.

Portée du problème

  • La pornographie juvénile commerciale est une industrie rapportant plusieurs milliards de dollars dans le monde selon une estimation2.
  • Des dizaines de milliers de nouvelles photos et vidéos sont mises sur Internet chaque semaine et des centaines de milliers de recherches d'images d'enfants exploités sexuellement sont effectuées chaque jour 3.
  • On estime à plus de 5 millions le nombre d'images d'enfants exploités sexuellement sur Internet4.
  • Les enfants dans les images sont de plus en plus jeunes :
    • 83 p. 100 des enfants ont 12 ans ou moins5.
    • 39 p. 100 des contrevenants avaient des images d'enfants âgés entre 3 ans et 5 ans6.
    • 19 p. 100 des contrevenants avaient des images d'enfants de moins de 3 ans7.
  • Le contenu des photos et vidéos est de plus en plus violent :
    • Plus de 80 p. 100 des images impliquent la pénétration8.
    • 20 p. 100 des images montrent la torture ou l'asservissement9.
    • Le nombre d'images « d'exploitation grave d'enfants » a quadruplé entre 2003 et 200710.
    • 87 p. 100 des contrevenants avaient des images d'enfants prépubères très explicites11.

Contrevenants

  • Le nombre d'accusations relatives à la production et à la distribution de pornographie juvénile a augmenté de 800 p. 100 entre 1998 et 200312.
  • La plupart des producteurs d'images d'enfants exploités sexuellement sont connus des victimes :
    • 37 p. 100 des contrevenants sont des membres de la famille13.
    • 36 p. 100 des contrevenants sont des connaissances14.
  • Plus de 30 p. 100 des personnes reconnues coupables de possession de pornographie juvénile vivaient avec des enfants mineurs; presque 50 p. 100 de ces personnes avaient accès à des mineurs à la maison, au travail ou dans le cadre de leurs relations sociales15.
  • Actuellement, on estime que 500 000 personnes participent activement au trafic d'images d'enfants exploités sexuellement sur Internet16.

Enquêtes

  • L'un des meilleurs moyens de localiser les contrevenants est de déterminer le protocole Internet ou l'adresse IP qui a distribué des photos ou des vidéos connues d'enfants exploités sexuellement. Les autorités policières peuvent ensuite essayer d'obtenir le nom et l'adresse du client correspondant à l'adresse IP.
  • Malheureusement, au Canada, les fournisseurs de services Internet (FSI) peuvent transmettre cette information aux autorités policières sans autorisation judiciaire (par exemple un mandat), mais ils ne sont pas tenus de le faire.
  • Même si de nombreux FSI collaborent, de 30 à 40 p. 100 des demandes d'information de base, comme le nom et l'adresse du client, sont refusées17.

Aider les jeunes victimes à guérir

  • Un enfant victime d'agression et sa famille peuvent devoir se rendre à plus d'une dizaine d'endroits et rencontrer de nombreux professionnels pour obtenir de l'aide18.
  • Les centres d'appui aux enfants (CAE) aident les jeunes victimes en réunissant des professionnels comme les policiers, les avocats, les conseillers et les enquêteurs en un endroit convivial pour les enfants.
  • Une enquête visant un cas d'enfant maltraité coûte 45 p. 100 moins cher dans une collectivité ayant un CAE19.
  • L'utilisation du modèle du CAE aide à réduire les traumatismes subis par les victimes en raison du système et à augmenter le nombre d'accusations déposées. Elle permet aussi d'obtenir des preuves de meilleure qualité, plus de plaidoyers de culpabilité, un taux de condamnation plus élevé et des peines plus appropriées20. Par ailleurs, les familles acceptent plus facilement de se prévaloir des services s'ils sont offerts sur place.

Réduire la circulation des images d'enfants exploités sexuellement

  • Les secteurs privé et sans but lucratif du Canada travaillent pour réduire et bloquer l'accès aux sites illégaux d'exploitation pédosexuelle.
  • Cyberaide - le site Web du service pancanadien de signalement d'enfants exploités sexuellement sur Internet - reçoit en moyenne plus de 700 signalements et plus de 250 000 visualisations de page chaque mois.
  • Depuis 2006, 13 000 adresses URL21 ont été ajoutées à la liste de Cyberaide.ca. Presque la moitié de ces sites présentent des actes sexuels impliquant des enfants. Dans près de 90 p. 100 des cas, il s'agit d'enfants de moins de 8 ans22.

Ce que vous pouvez faire

  • Si vous avez Internet sans fil à la maison, faites en sorte qu'il soit protégé par un mot de passe pour que les personnes se promenant dans votre voisinage ne puissent y avoir accès. Certains contrevenants cherchent un accès sans fil pour éviter d'être retracé.
  • Si vous trouvez un site Web contenant du matériel d'exploitation pédosexuelle d'enfants, signalez-le à Cyberaide.
  • Soyez conscient des images que vous affichez sur Internet. Les images qui vous semblent innocentes pourraient être utilisées par d'autres à des fins inappropriées. Une fois qu'elles se retrouvent sur Internet, les images ne peuvent jamais en être retirées.
  • Lisez sur ce que vous pouvez faire pour protéger vos enfants. De nombreux sites Web et d'autres ressources peuvent vous renseigner davantage à ce sujet.

  • 1 Centre canadien de protection de l'enfance - , « Faits et chiffres », 25 mars 2008.
  • 2 Jonah Rimer, Literature Review-Responding to Child & Youth Victims of Sexual Exploitation on the Internet, 2007. La création et la distribution de la plupart des images ne sont pas effectuées à des fins commerciales, p. 30.
  • 3 Roberta Sinclair, Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants, « Exploitation sexuelle des enfants par le biais d'Internet », Présentation PowerPoint faite au colloque tenu dans le cadre de la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d'actes criminels 2007, 23 avril 2007.
  • 4 Michael Bourke, "Child Pornography and Hands-on Abuse", Conférence de Dallas sur les crimes contre les enfants, 12 août 2008.
  • 5 H.R. 4120, An Act to amend title 18, United States Code, to provide for more effective prosecution of cases involving child pornography, and for other purposes.
  • 6 National Juvenile Online Victimization Study (NJOV) 2004.
  • 7 Ibid.
  • 8 Janis Wolak et coll., "Internet Sex Crimes Against Minors: The Response of Law Enforcement (Version PDF)", novembre 2003.
  • 9 CTV.ca, 23 juillet 2006.
  • 10 Selon Internet Watch Foundation; Jonah Rimer, Literature Review-Responding to Child & Youth Victims of Sexual Exploitation on the Internet, 2007, p. 16.
  • 11 Juvenile Online Victimization Incidence Study (JOVIS) 2004.
  • 12 Seulement 33 p. 100 des personnes reconnues coupables de distribution ont été condamnées à la prison (52 p. 100 ont obtenu une probation). Les enfants et les jeunes victimes de crimes avec violence, Juristat, 1, 20 avril 2005, p. 12. Catalogue de Statistique Canada No 85-002-XIF.
  • 13 Jonah Rimer, Literature Review-Responding to Child & Youth Victims of Sexual Exploitation on the Internet, 2007, p. 25.
  • 14 Ibid.
  • 15 Adrian Humphreys, "Predators among us-do we have an epidemic or not?", National Post, 20 octobre 2007. Ces statistiques proviennent d'une étude menée par le National Center for Missing and Exploited Children concernant 1 713 personnes accusées de possession de pornographie juvénile.
  • 16 "President Bush signs child protection bill into law", CBS Miami news, 14 octobre 2008.
  • 17 Soumission du Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants à Sécurité publique Canada, « Consultation sur les renseignements concernant les noms et les adresses des clients », octobre 2007.
  • 18 BOOST Child Abuse Prevention & Intervention.
  • 19 National Children's Alliance Annual Report 2005.
  • 20 Zebra Child Protection Centre, Victims of Crime Fund Grants Program Evaluation Report, 1er mars 2007, p. 9.
  • 21 Une adresse URL (localisateur de ressources uniformes) constitue l'unique adresse d'un fichier qui est accessible sur Internet. Par exemple, pour consulter un site Web, on peut inscrire l'adresse URL de la page d'accueil à la ligne d'adresse d'un navigateur Web.
  • 22 Signy Arnason, Cyberaide, Conférence multidisciplinaire sur la stratégie provinciale de l'Ontario pour protéger les enfants de l'exploitation et de la violence sexuelle sur Internet, 18 novembre 2008, London (Ontario).