Déclaration de l’ombudsman sur le rapport Missing and Missed : Report of the Independent Civilian Review into Missing Person Investigations par l’honorable Gloria J. Epstein

 

À la lumière de la situation actuelle et de l’urgence de lutter contre le racisme systémique, la discrimination et les obstacles sous toutes ses formes, comme l’a souligné l’honorable Gloria Epstein dans « Missing and Missed: Report of the Independent Civilian Review into Missing Person Investigations », mon Bureau appuie pleinement la mise en œuvre de toutes les 151 recommandations concernant le traitement des enquêtes sur les personnes disparues.

Les conclusions dans le rapport « Missing and Missed » indiquent que la discrimination systémique a contribué aux lacunes dans les enquêtes sur les personnes disparues par la police de Toronto et cela est particulièrement vrai pour les personnes 2SLGBTQ+, les nouveaux immigrants et réfugiés et les collectivités racialisées. Il nous incombe d’éliminer les obstacles créés par le colonialisme, le sexisme, l’hétérosexisme et le racisme, parce que les personnes 2SLGBTQ+ et les femmes et filles autochtones affichent certains des taux de violence les plus élevés dans nos collectivités. Nous devons nous engager à éliminer la discrimination systémique, conformément aux appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA)1.

Les cas de personnes disparues sont particulièrement difficiles à gérer par les proches et leurs communautés. Les inconnues et les incertitudes, le sentiment de perte et l’inquiétude des personnes laissées derrière créent un stress et une contrainte excessive continus. Les familles, les amis et les collectivités méritent une réponse multidisciplinaire, sensible et professionnelle. Il est essentiel d’adopter une approche axée sur la victime pour tous les cas de personnes disparues, car toutes les personnes touchées doivent être appuyées.

intentions, les services de police sont trop souvent axés principalement sur l’enquête. Cette approche n’est pas axée sur les victimes et fait en sorte que les familles et les personnes touchées par les cas de personnes disparues reçoivent peu, voir aucun, soutien. Les familles dont un proche a disparu ont déclaré que la principale raison de leur mécontentement à l’égard des services de police est l’absence de mesures, de sensibilité et de communication en temps opportun. Le manque de renseignements a été considéré comme le plus préoccupant pour les familles de personnes disparues. À mon avis, il est également problématique que les membres de la famille laissés derrière ne soient pas considérés comme des victimes d’acte criminel.

Comme l’a souligné la commissaire Epstein, [traduction] « un pourcentage important de personnes disparues seront exposé au risque de devenir victime d’actes suspects ou criminels ou de faire l’objet d’une exploitation criminelle. » Par conséquent, leurs familles et leurs proches qui signalent leur disparition méritent d’être traités avec dignité, empathie, compassion et de bénéficier d’une réponse policière qui priorise ces enquêtes, surtout lorsque les personnes disparues sont des personnes marginalisées et vulnérables.

Je félicite l’honorable Gloria Epstein d’avoir encouragé, à la recommandation 43, l’amélioration du soutien aux familles des victimes et aux personnes touchées par les cas de personnes disparues. Dans le mémoire présenté par mon Bureau , nous avons indiqué que nous appuyons la communication de renseignements continus sur l’enquête par l’intermédiaire d’équipes multidisciplinaires qui fournissent des mises à jour continues, des liens avec les services de soutien et qui adoptent une approche axée sur la victime et fondée sur le traumatisme pour communiquer avec les familles et les amis des personnes disparues. Nous avons également souligné la nécessité d’une éducation policière, en mettant l’accent sur l’humilité culturelle. Nous sommes heureux que la plupart des recommandations du Bureau de l’ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels soient abordées dans le rapport.

J’espère que les services de police partout au Canada s’engageront à réfléchir sincèrement aux conclusions de ce rapport. Je recommande vivement à tous les chefs de police et à tous les services de police partout au Canada d’examiner les 151 recommandations décrites en vue de mettre à jour leurs propres politiques et procédures concernant les enquêtes sur les personnes disparues.

J’encourage également tous les Canadiens à lire le rapport « Missing and Missed » et à se joindre à l’appel à l’action pour lutter contre la discrimination systémique non seulement au sein des services de police, mais également dans tous les aspects de notre vie.

 

 

 

1 (2019) Réclamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées Canada. [Archivé dans le Web] Extrait de la Bibliothèque du Congrès, https://www.loc.gov/item/lcwaN0028038/.