Le 5 avril 2024 

Sommes-nous prêts à protéger les Canadiens exposés à la haine et à la violence en ligne?

En tant qu'Ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels, je peux témoigner du besoin urgent d'agir pour protéger les Canadiens en ligne. Il s'agit d'un domaine où il n’est pas évident de proposer un projet de loi, et je félicite le gouvernement d'avoir présenté la Loi sur les préjudices en ligne (projet de loi C-63).

La liberté d'expression est un droit fondamental dans notre démocratie. Et nous avons besoin de meilleurs outils pour nous assurer que les personnes de tous âges puissent utiliser l’Internet en toute sécurité. Le projet de loi C-63 propose des mécanismes visant à donner aux Canadiens un plus grand contrôle sur ce à quoi ils sont exposés en ligne, à rendre les entreprises responsables du contenu préjudiciable ou haineux diffusé par le biais de leurs plateformes, et à aider les gens lorsqu'ils sont victimisés ou ciblés par la haine en ligne.

Toute proposition qui tente de s'attaquer à ces problèmes sera scrutée à la loupe en raison de la valeur que nous accordons à notre vie privée et à notre liberté. Pour progresser, il nous faut collaborer en demeurant toujours soucieux des droits fondamentaux et en mettant en place des mécanismes de surveillance solides.

Depuis la publication en 2009 de notre rapport spécial intitulé Chaque image, chaque enfant, notre Bureau demande au gouvernement de faire preuve de leadership pour qu'il s'attaque aux images d'abus pédo-sexuels en ligne. Plus récemment, nous avons été témoins de l'impact croissant des délits et crimes haineux partout au pays. Les gens communiquent en ligne des choses qui ne seraient pas acceptables en personne, comme des menaces de mort explicites et racistes.

Il existe un consensus sur la nécessité d'agir pour mettre fin à l'exploitation sexuelle des enfants en ligne, ce qui est encourageant. Or, il semble y avoir moins d'élan pour lutter contre la haine, même si les personnes ciblées et les communautés qu'elles représentent sont tristement conscientes de la nécessité d'une bien plus grande protection pour les internautes.

Il n’est pas facile de s'attaquer à ces enjeux. Alors que nous essayons de trouver des solutions, des enfants continuent d'être exploités en ligne. Certains jeunes ciblés par la haine ou la sextorsion s’enlèvent la vie.

J'exhorte tous nos élus et nos représentants à y travailler de concert. Le prix de ne rien faire est beaucoup trop élevé.