Le 29 mai 2024 

Ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels

Mai est le mois de la prévention des agressions sexuelles

Alors que le Mois de la prévention des agressions sexuelles tire à sa fin, le Bureau de l'ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels (BOFVAC) souligne à nouveau l'importance de prendre des mesures pour aider à prévenir les agressions sexuelles.

Au Canada, au cours d’une vie la violence sexuelle touchera une femme sur trois et un homme sur six.1 La violence sexuelle touche des personnes de tous horizons et recoupe d'autres formes de discrimination. Les femmes autochtones, les membres des communautés 2ELGBTQI+, les personnes handicapées et d'autres groupes marginalisés sont touchés de manière disproportionnée par la violence sexuelle, et souvent confrontés à de multiples obstacles pour accéder à la justice et aux soutiens.

La prévention de la violence sexuelle consiste à s'attaquer aux causes profondes de la violence sexuelle et aux actions systémiques, institutionnelles et personnelles qui permettent à la violence sexuelle de se produire, souvent impunie.

La violence basée sur le genre (VBG) est enracinée dans le colonialisme, le racisme, le patriarcat et les inégalités. Nous reconnaissons la nécessité d'appliquer une pratique décoloniale et l'antiracisme dans les pratiques d'éducation au consentement. Nous reconnaissons également la nécessité de lutter contre le taux disproportionné de violence sexuelle envers les personnes handicapées dans une optique de justice pour ces gens. Nous devons nous attaquer simultanément à TOUTES les formes d'oppression pour mettre fin à la violence sexuelle.

Ce que nous avons entendu

Les victimes et les survivants d'agression sexuelle ont déclaré que le signalement à la police et le cheminement de leur dossier au sein du système de justice pénale pourraient dans certains cas être plus traumatisants que l'agression elle-même. Les agressions sexuelles font justement partie des crimes les moins susceptibles d'être signalés à la police : les statistiques montrent que 78 % des agressions sexuelles ne sont pas signalées.2

De plus, l'article 278.1 du Code criminelpeut porter atteinte au droit à la vie privée, ce qui fait craindre à certaines victimes de faire appel à des services de santé mentale pourtant essentiels. La thérapie et la tenue d'un journal sur le traumatisme ne sont pas des éléments de preuve.

Le BOFVAC a également entendu Gymnastes pour le changement Canada parler du besoin urgent de promouvoir le consentement dans le sport, car la culture du viol continue de se manifester à tous les niveaux dans ce domaine, souvent avec très peu de conséquences pour les agresseurs. Bien que le gouvernement n'ait pas lancé d'enquête nationale, une commission fédérale enquêtera sur les abus systémiques et les violations des droits de la personne dans le sport canadien.

Nous devons également nous attaquer au problème urgent de la violence sexuelle en ligne ou de la violence fondée sur le sexe facilitée par la technologie, à laquelle les jeunes sont particulièrement confrontés chaque jour avec le partage non consensuel d'images intimes, l’hameçonnage, le harcèlement et la sextorsion. Cette forme de victimisation touche de manière disproportionnée les garçons et les jeunes hommes.3

Ce que nous faisons

En février 2024, le BOFVAC a lancé une enquête systémique nationale sur les expériences des survivants d'agression sexuelle dans le système de justice pénale. Cette enquête fournira des recommandations concrètes pour s'assurer que les survivants sont traités avec compassion et respect, et que leurs droits sont respectés. Toute personne qui souhaite participer peut envoyer un courriel au BOFVAC à victimesdabord@ombudsman.gc.ca . Nous rencontrons des survivants et des intervenants et prévoyons lancer un sondage anonyme cet été. Pour plus d'information, suivez-nous sur nos réseaux sociaux ou visitez notre site Web à www.victimesdabord.gc.ca .

Merci aux survivants qui ont continué à communiquer avec le BOFVAC et à partager leurs expériences, leur résilience et leur force. Vous méritez de vous sentir en sécurité, d'être entendus et d'avoir accès au soutien dont vous avez besoin. Nous tenons à souligner que nous accueillons toute personne qui nous contacte, qu'elle ait « signalé » ou non. Vos témoignages aideront à éclairer notre travail en vue d'améliorer le système pour tous.

La violence sexuelle reste trop répandue dans notre société, et nous partageons la responsabilité collective de la prévenir et de soutenir les survivants.